La définition du stress a évolué au fur et à fur que sa conceptualisation s’est précisée. Qu’est-ce que le stress au juste ? Qu’entend-t-on par « gestion du stress » exactement ? Dans quelle mesure le coaching peut être utile pour aider à gérer le stress ? Les effets d’un accompagnement peuvent-ils s’inscrire dans la durée ou sont-ils obligatoirement éphémères ?

Définition du stress : Un syndrome général d’adaptation

C’est en 1929 que Cannon décrit pour la première fois la réaction d’urgence des animaux confrontés à une menace liée à la libération d’adrénaline. Face à cette urgence, l’animal a deux types de réaction : la lutte ou la fuite (« fight or flight »).

Ce n’est que quelques années plus tard, en 1936, que Hans Selye conceptualise le stress comme un syndrome général d’adaptation. Considéré comme le père fondateur du concept du stress, Hans Selye conçoit le stress comme une réaction hormonale à un stresseur, réaction mettant en jeu principalement les hormones surrénaliennes.

Le stress serait donc une réponse stéréotypée du système hormonal à un agent stresseur, quel que soit le stresseur en question, cette réponse permettant de maintenir l’équilibre de l’organisme menacé par une agression extérieure.

 

Les 4 phases du stress

Selye distingue phases du syndrome général d’adaptation :

  • La phase d’alarme, pendant laquelle l’organisme mobilise ses ressources pour faire face au stresseur, ce qui induit une baisse momentanée de sa résistance ;
  • La phase de résistance, pendant laquelle l’organisme augmente ses défenses contre l’agent stresseur en cause, mais diminue sa résistance aux autres agressions ;
  • La phase d’épuisement, lorsque l’organisme n’est plus capable de s’adapter et que le mécanisme d’homéostasie est défaillant.

Homme stressé

La différence entre « bon stress » et « mauvais stress »

Dans les années 50, Hans Selye distinguera ensuite deux types d’effets : le bon stress (« eustress »), essentiel à notre instinct de survie et source de motivation ; est à dissocier du mauvais stress (« distress »), autrement dit le stress trop intense ou trop prolongé qui n’est plus un simple « syndrome d’adaptation », mais peut avoir un impact prolongé sur la santé et donc se transformer en « pathologie d’adaptation ».

 

La différence entre « stress aigu » et « stress chronique »

Le stress aigu et le stress chronique ont des effets différents sur le cerveau et le corps.

Le stress aigu est ressenti à une forte intensité, mais de manière éphémère. Il survient en fonction d’événements ou de situations spécifiques. Il déclenche fortement le système d’activation de l’individu, et est très utile pour éviter le danger (par exemple pour éviter de justesse un accident de la route, sortir d’un immeuble en feu, etc).

Le stress chronique est différent et a des répercussions néfastes sur la santé. Il découle d’une exposition prolongée et répétée à une pression importante faisant sécréter une quantité importante de cortisol, sans réelle possibilité de dépenser l’énergie générée par cette production. Le stress chronique aboutit, à terme, à un épuisement des glandes surrénales, et de l’organisme en général.

 

Les symptômes du stress

D’un point de vue physique, le stress correspond à une production de cortisol, qu’on surnomme souvent justement « l’hormone du stress ».

Les réactions de l’organisme en situation de stress sont à la fois émotionnelles et physiques.

L’anxiété, l’irritabilité, la perte d’estime de soi et de confiance en soi peuvent provenir d’un excès de stress. Un excès de stress peut également, à terme, mener au burn-out et/ou à la dépression.

De manière plus fréquente, le stress provoque très souvent des troubles du sommeil à cause d’une rumination constante des pensées, à des difficultés de concentration, et à une indécision voire une procrastination.

Sur le plan physique, le stress peut également provoquer des douleurs articulaires, des lombalgies et dorsalgies chroniques, des allergies respiratoires, de l’asthme, des nausées, une fatigue chronique, mais également des troubles du comportement alimentaires (hyperphagie, boulimie, ou anorexie).

Les addictions sont également plus fréquentes chez l’individu en situation de stress chronique, par phénomène de compensation (tabac, alcool).

Pour aller plus loin, lire aussi : Les conséquences du stress sur la santé

Cigarette stress

Les causes du stress, ou événements stressants de la vie

Dans les années 1960 et 1970, la notion d’ « événements de vie stressants » a fait l’objet de certaines études en médecine et en psychiatrie (Paykel, 1978) et a pendant un temps été préférée au concept de stress.

Certaines études ont cherché à distinguer et à classifier les événements de vie et situations en fonction du degré de changement qu’ils impliquaient et de la nécessité de réajustement attendue par l’organisme.

Plusieurs échelles d’événements de vie ont été proposées pour classifier ces situations en fonction de leur durée, leur caractère positif ou négatif, leur sévérité, leur prévisibilité, et du niveau de contrôle dont le sujet disposait sur une situation donnée. L’échelle la plus connue est celle de Holmes et Rahe (1967) et comprend 43 items, chacun pondéré selon le degré de changement et de réajustement nécessaire : à titre d’exemple, le décès du conjoint correspond au score le plus élevé et correspond à 100 unités de changement. Ces études ont permis de mettre en évidence une corrélation entre un score total élevé d’unités de changements et le risque de présenter des problèmes de santé.

En revanche, leur pertinence a été remise en question, car cette approche ne tient pas compte des différentes réactions de chaque sujet. Un même événement engendre un niveau de stress différent chez chaque sujet, selon son histoire, mais également selon son environnement.

Le stress est donc reconceptualisé dans les années 1980 sous l’influence du psychologue Lazarus, pour tenir compte de ces interactions entre le sujet et son environnement, et se focaliser davantage sur la réponse au stress que sur le stresseur.

Notons toutefois l’intérêt de la catégorisation des situations générant un pic de stress par Sonia Lupien, fondatrice, directrice scientifique du Centre d’Études sur le stress humain, pour qui les déclencheurs de stress peuvent être classés sous l’acronyme C.I.N.É :

MENACE SENTIMENT
CONTRÔLE FAIBLE L’individu sent qu’il n’a aucun ou très peu de contrôle sur la situation.
IMPRÉVISIBILITÉ Quelque chose de complètement inattendu se produit, ou bien il est impossible de savoir à l’avance ce qui va se produire.
NOUVEAUTÉ Quelque chose de nouveau que l’individu n’a jamais expérimenté se produit.
ÉGO MENACÉ Les compétences et l’égo de l’individu sont mis à l’épreuve. Quelqu’un, ou bien l’individu lui-même, doute de ses capacités.

L’approche cognitive du stress de Richard Lazarus

Selon Richard Lazarus (1966), les conséquences du stress dépendent moins de l’agent stresseur en lui-même que de la représentation que le sujet s’en fait.

L’approche cognitive de Lazarus considère que c’est donc l’évaluation et la signification donnée à une situation par l’individu qui détermine ou non l’apparition du stress.

Cette approche distingue deux phases : l’évaluation cognitive de la situation, et la stratégie d’adaptation mise en place pour y faire face (« coping » en anglais). Le cerveau a donc un rôle primordial à jouer dans la gestion du stress.

Stress et évaluation cognitive

L’évaluation cognitive d’une situation se déroule en deux étapes :

  • L’évaluation primaire, qui porte un regard automatique sur une situation et pose un jugement positif ou négatif très rapide ;
  • L’évaluation secondaire, qui concerne l’inventaire de ses propres ressources par l’individu, afin de déterminer dans quelle mesure celui-ci peut faire face.

Le stress perçu dépend systématiquement de l’équilibre entre ces deux évaluations, qui permettent à l’individu d’estimer le contrôle qu’il a sur la situation. Ce stress apparaît lorsqu’un déséquilibre est clairement observable, et que la menace perçue semble supérieure aux ressources disponibles pour y faire face.

L’évaluation cognitive, qu’elle soit primaire ou secondaire, est influencée par les buts et les croyances de l’individu. Elle est également étroitement liée à l’état psychique de base de l’individu, aussi une même personne peut réaliser deux évaluations très différentes d’une situation très similaire à deux moments différents de sa vie.

C’est la raison pour laquelle nous avons une marge de manœuvre très intéressante en coaching, pour améliorer durablement la gestion du stress de l’individu :

  • D’une part en agissant de manière « curative » pour améliorer l’état psychique d’un individu sous pression ;
  • D’autre part en travaillant sur les croyances, les valeurs et la congruence du client, pour redonner à chaque situation sa juste valeur de potentiel « stressant ».

Le coping, ou stratégie comportementale pour faire face au stress

Le coping est un terme d’origine anglo-saxonne qui désigne l’effort d’adaptation mobilisé par un individu pour faire face à une situation perçue comme stressante. D’après la définition de Lazarus et Folkman (1984), le coping est « l’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources de l’individu ».

Le modèle de Lazarus distingue deux grandes catégories principales de coping : les stratégies de coping centrées sur le problème, et les stratégies de coping centrées sur l’émotion.

En coaching, nous travaillons aussi bien sur la gestion des émotions que sur la gestion du problème.

Les risques psycho-sociaux du stress

Stress, maladies somatiques et troubles fonctionnels

L’impact du stress sur la santé est désormais connu et son rôle dans les maladies psychosomatiques n’est plus à démontrer. Au-delà des symptômes précédemment présentés, le stress est un facteur accélérateur et aggravant de plusieurs maladies, notamment :

  • L’ulcère digestif ;
  • Les manifestations dermatologiques inflammatoires (eczéma, psoriasis, etc.)
  • La polyarthrite rhumatoïde ;
  • La rectocolite hémorragique ;
  • L’infarctus et autres maladies cardiaques ;
  • Les cancers ;
  • Les maladies auto-immunes.

Notons que le stress intervient à plusieurs niveaux et qu’il est également indispensable de tenir compte des autres facteurs aggravants d’un sujet pour ne pas le rendre seul et unique responsable de ces pathologies.

De la même manière, le stress peut être un facteur de nombreux troubles fonctionnels cardiovasculaires (douleurs thoraciques, spasmophilie), digestifs (colopathie fonctionnelle, syndrome du côlon irritable), neurologiques, rhumatologiques, ou encore sexuels, mais son influence reste difficile à mesurer, dans la mesure où elle se superpose bien souvent avec d’autres facteurs psychologiques et physiologiques.

Du stress professionnel au burn out

Le travail est aujourd’hui une source majeure de stress pour un grand nombre de personnes. En mutation constante, l’environnement de travail exige de plus en plus d’efforts d’adaptation, avec des exigences croissantes, une course à la performance, une urgence constante, et des tâches ayant de moins en moins de sens pour les salariés. Les changements liés à la tertiarisation de l’emploi, à la mondialisation et aux nouveaux modes de communication ont profondément transformé le monde du travail des pays industrialisés au cours des trente dernières années.

Deux modèles théoriques ont permis d’étudier les caractéristiques du stress professionnel :

  • Le modèle « demande/autonomie au travail » de Karasek (Karasek, 1979 ; Karasek and Theorell, 1990): Ce modèle définit trois groupes de personnes ayant un risque élevé de développer un problème de santé physique et mentale lié au stress professionnel : les sujets ayant une forte demande psychologique, ceux ayant une faible latitude décisionnelle, et ceux ayant un faible soutien au travail.
  • Le modèle du « déséquilibre : efforts/récompenses » de Siegrist (1996): Ce modèle définit l’apparition d’une détresse socio-émotionnelle lorsque les efforts fournis au travail (investissement en temps, stress des responsabilités, charge mentale, fatigue physique) sont supérieurs aux récompenses observées (rémunération, estime de la personne, perspectives de carrière, etc.). Plus le niveau de surinvestissement serait élevé, plus le risque de développer des maladies cardiovasculaires serait élevé.

Le stress professionnel doit être distingué du burn-out, qui correspond à un déséquilibre prolongé entre les exigences d’une situation et les ressources de l’individu. On peut également considérer que le burn-out correspond à la phase d’épuisement dans le syndrome général d’adaptation défini par Selye, puisqu’en burn-out, le corps perd sa capacité d’adaptation.

Le burn-out se manifeste différemment chez les sujets, mais tous ont en commun une grande fatigue physique, émotionnelle et mentale, nécessitant un repos complet pendant une période prolongée pour permettre une récupération suffisante avant le retour au travail.

Burn out

Plus la phase de surmenage est longue, plus les chances de tomber en burn-out augmentent.

Statistiques

En 2015, l’Institut de Veille Sanitaire estimait à 480 000 le nombre de Français en souffrance psychologique liée au travail, et recensait 30 000 personnes en burn-out.

En 2016, l’Académie Nationale de Médecine estimait à 100 000 le nombre de personnes victimes d’un épuisement professionnel très sérieux.

La progression du nombre de burn-outs au cours des 15 dernières années font de la gestion du stress un problème de santé publique, dans lequel médecins et accompagnants (thérapeutes, mais également coachs en gestion du stress) ont un rôle majeur à jouer.

Notre rôle de coach s’inscrit exclusivement dans une approche de prévention du burn-out (aide à la gestion du stress) et d’accompagnement post burn-out (réapprentissage de l’écoute du corps et de ses besoins, coaching de reconversion, etc.).

Le burn-out parental

Si le burn-out est souvent associé à l’épuisement professionnel, de nombreux cas d’épuisements de parents ont également donné lieu à l’émergence du terme de « burn-out parental ».

Les docteures Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak donnent sur leur site burnoutparental.com une définition du burnout parental ainsi que ses principales caractéristiques : « le burnout parental est un syndrome qui touche les parents exposés à un stress parental chronique en l’absence de ressources suffisantes pour compenser. »

Les caractéristiques principales du burnout parental sont :

  • L’épuisement dans son rôle de parent ;
  • La saturation et la perte de plaisir dans son rôle de parent ;
  • La distanciation affective avec les enfants ;
  • Le contraste entre le parent qu’il était dans le passé et celui qu’il observe dans le présent.

 

Burn out parental

Le phénomène de burn-out parental semble relativement récent et apparaît aujourd’hui comme un miroir d’une société véhiculant une image de plus en plus exigeante du rôle d’un « bon » parent : préparation de repas frais et sains, aide aux devoirs pour assurer le bon déroulement de la scolarité de l’enfant, inscription des enfants à plusieurs activités extra-scolaires…

Le burn-out parental serait profondément lié à une volonté de coller à l’image du parent parfait pour correspondre à un idéal de société. A cet effet, De Singly (2007) souligne que socialement, être débordé est aujourd’hui considéré comme valorisant. Nourrie par le culte de la performance, la course au « toujours mieux, toujours plus » semble épuiser les parents, ayant des difficultés de plus en plus importantes à concilier les exigences croissantes de leur environnement professionnel avec celles de leurs contraintes familiales.

Note : Le burn-out est à distinguer de la dépression. Alors que la dépression touche toutes les sphères de la vie, le burn-out est contextualisé et ne s’adresse généralement qu’à une sphère de la vie de la personne, professionnelle ou parentale.