Le stress est une réaction d’adaptation naturelle de l’organisme face à une menace détectée. Toutefois, prolongée sur une trop longue période continue, la sécrétion de cortisol n’est pas neutre sur l’organisme : le stress peut avoir des conséquences néfastes sur la santé, aussi bien sur la santé physique que psychique.

Quel que soit le stresseur, l’apparition du stress provoque certaines réactions, qui peuvent durer de quelques minutes à plusieurs jours ou semaines et ont des conséquences : fatigue, irritabilité, nervosité, troubles du sommeil et de l’appétit, maux de dos, raideurs de la nuque, baisse de la libido, altération de la mémoire, troubles de la concentration…

Comment explique-t-on ces symptômes ? Quelles sont les autres conséquences du stress sur la santé ?

Pour aller plus loin : Qu’est-ce que le stress ? 

 

Comment expliquer les conséquences du stress sur la santé ?

 

Les conséquences d’une sécrétion prolongée de cortisol

Face au mécanisme naturel du « fight or flight » expliqué dans ce premier article de présentation du stress, notre système nerveux autonome permet aux hormones d’apporter une réponse à court terme, en produisant de l’adrénaline puis du cortisol. La sécrétion d’adrénaline joue un rôle important dans le stress aigu, en permettant d’utiliser le glucose comme source d’énergie, d’envoyer le sang dans les muscles pour être prêt à courir ou se battre, et de maintenir une attitude de vigilance au moindre stimuli.

Cette sécrétion permet à l’organisme d’avoir les ressources nécessaires à l’affrontement du danger en cas d’urgence. En revanche, elle n’est pas prévue pour se prolonger sur le long terme, ce qui explique que lorsque nous parlons des conséquences du stress pour la santé, nous parlons bien des conséquences du stress chronique, et non du stress aigu.

La sécrétion continue de cortisol dégrade les protéines contenues dans les muscles.

Pour pallier les conséquences négatives d’une sécrétion excessive et prolongée de cortisol, l’organisme dispose en temps normal d’un mécanisme de régulation qui s’appuie sur l’hippocampe, structure du lobe temporal du cerveau.

En situation de stress aigu, l’hippocampe freine l’hypothalamus, ce qui diminue la sécrétion de CRH (Corticotropin Releasing Hormone*) et de cortisol.

En situation de stress chronique, l’hypocampe perd sa capacité à freiner l’hypotalamus, ce qui maintient l’activation de l’axe corticotrope et un niveau anormalement élevé de cortisol dans l’organisme.

Un niveau élevé de cortisol a des conséquences physiques et psychiques sur l’organisme, comme l’anxiété, la dégradation de la mémoire et des capacités d’apprentissage, jusqu’à ce que l’organisme perde toute capacité d’adaptation aux situations menaçantes et entre en « phase d’épuisement », qu’on appelle aujourd’hui le burn-out. Bas du formulaire

 

Stress, inflammation et baisse de l’immunité

Depuis une dizaine d’années, la communauté scientifique s’est beaucoup intéressée aux conséquences du stress sur l’inflammation de l’organisme et sur le système immunitaire.

Des études ont notamment montré qu’en cas d’infection, le stress semble corrélé à une baisse de l’efficacité du système de défense immunitaire.

Dans un communiqué de 2020, Sophie Ugolini, directrice de recherche Inserm au Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy (Inserm/CNRS/Aix-Marseille Université), a cherché à expliquer biologiquement cette association en se focalisant plutôt sur les récepteurs spécifiques de l’adrénaline et la noradrénaline : les récepteurs β2-adrénergiques.

« Nous avons confirmé expérimentalement que les hormones du stress qui se lient aux récepteurs β2-adrénergiques réduisent la réponse immunitaire et que cela passe par une diminution de la production de certaines cytokines inflammatoires, requises pour l’élimination des virus, précise Sophie Ugolini». Selon la chercheuse, ces travaux pourraient ouvrir des perspectives thérapeutiques. « En ciblant le récepteur β2-adrénergique, il serait en effet envisageable, dans certains contextes pathologiques, de lever les freins immunitaires provoqués par un état de stress », conclut Sophie Ugolini[1].

 

Les symptômes liés au stress chronique

Les conséquences du stress chronique peuvent aller de simples symptômes (plus ou moins gênants au quotidien) aux pathologies.

Les symptômes du stress peuvent être physiques, émotionnels, ou intellectuels, et altérer sensiblement la qualité de vie au quotidien.

Après plusieurs semaines en état de stress chronique, ces symptômes peuvent être :

  • Des maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, des troubles du sommeil, de l’appétit et de la digestion, des difficultés respiratoires (sensations d’essoufflement ou d’oppression), une sudation excessive, des manifestations dermatologiques inflammatoires comme le psoriasis ou l’eczéma (symptômes physiques)
  • Une tristesse prolongée jusqu’à la sensation de mal-être, de l’anxiété, de la nervosité (symptômes émotionnels)
  • Une perte de concentration, de la procrastination (symptômes intellectuels)

Les symptômes du stress chronique se répercutent sur les comportements de l’individu, et peuvent mener à un isolement, à des attitudes agressives auprès de l’entourage, ou à aggraver les comportements d’addiction (café, tabac, alcool, cannabis, mais également la prise de médicaments pouvant créer une accoutumance, comme les somnifères, les antidépresseurs ou les anxiolytiques).

Lorsque les symptômes s’installent, il est souhaitable de s’intéresser aux différents facteurs de stress et de commencer à entamer un réel travail sur soi, soit pour modifier conséquemment son environnement et agir directement sur les causes du stress (par exemple en changeant d’emploi pour un poste moins stressant), soit pour modifier son rapport à son environnement en prenant du recul sur les situations et apprenant à gérer son stress.

La plupart du temps, le travail en gestion du stress s’organise autour de ces deux axes, qui sont complémentaires et comprennent une stratégie de court terme (le « mode survie », qui consiste en premier lieu à créer un environnement moins stressant), et une stratégie de plus long terme (la prise de recul pour relativiser le caractère « menaçant » et « stressant » des situations).

 

Les pathologies associées au stress chronique

Si aucun travail de ce type n’est réalisé, la situation de stress peut se prolonger davantage, et avoir des conséquences plus importantes sur la santé, jusqu’à développer les pathologies graves, telles que :

  • Les maladies cardiovasculaires ;
  • Les maladies auto-immunes ;
  • Les cancers ;
  • L’ulcère digestif ;
  • Les Troubles musculo-squelettiques (TMS), en particulier ceux des membres supérieurs et du dos ;
  • Les troubles liés au syndrome métabolique, lié à l’hypersécrétion prolongée de catécholamines et de glucocorticoïdes, tels que l’hypertension artérielle, l’obésité abdominale, la résistance à l’insuline, l’augmentation du cholestérol et des triglycérides ;
  • La dépression et/ou le Trouble de l’Anxiété Généralisé (TAG).

 

Que faire pour minimiser les conséquences du stress ?

Minimiser les conséquences du stress

Savoir gérer son stress implique de :

  • Choisir un environnement personnel et professionnel aligné sur les valeurs de l’individu ;
  • Développer une vraie connaissance et une vraie conscience de soi pour connaître ses besoins et limites ;
  • Respecter ses propres limites, mais également savoir les fixer auprès d’autrui, qu’il s’agisse de relations familiales, amicales ou professionnelles (par exemple en apprenant à dire “non” de manière assertive) ;
  • Prendre soin de son hygiène de vie, en respectant notamment ses cycles de sommeil, en ménageant des temps de repos et de loisir, et en adoptant une alimentation aussi bienveillante que possible pour l’organisme (bienveillante, et non restrictive !).

 

En coaching individuel, nous travaillons sur l’ensemble de ces aspects. Chez les clients les plus stressés, j’aime proposer des parcours de coaching divisant chaque séance en deux parties :

  • 45 minutes de coaching personnel (questionnement stratégique et outils opérationnels pour faire avancer le client dans sa réflexion sur soi) ;
  • 45 minutes de sophrologie, pour travailler à un niveau de conscience sophro-liminal et faire baisser le niveau de stress plus rapidement.

 

Cela nous permet à la fois d’activer une stratégie de court terme pour diminuer rapidement le niveau de stress, et d’actionner des leviers de plus long terme pour apprendre à gérer durablement le stress.

[1] Source :
COMMUNIQUÉ – SALLE DE PRESSE INSERM
Quand le stress affaiblit les défenses immunitaires